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Publié : 25 août 2014

Article Journaux

La dépêche du midi

Les animaux qui murmuraient à l’oreille des hommes

Depuis le mois de février, la ferme de Saint-Ygnan, à Montjoie-en-Couserans, a ouvert ses portes au public. Tout au long de l’année, les visiteurs peuvent y découvrir toute sorte d’animaux, de la vache au dromadaire.

Il y a Yasmine, la dromadaire, Bélize, le lama, Grisouille, l’ânesse des Pyrénées, Magy, la vache, Souria, le zébu… La ferme de Saint-Ygnan, à Montjoie, ressemble à s’y méprendre à l’arche de Noé. Plus de 80 animaux de toutes sortes cohabitent en harmonie dans cet espace paisible, situé pourtant non loin de la route de Saint-Girons.

Si la ferme existe depuis quelque temps déjà, elle n’est ouverte au public que depuis quelques mois. C’est Michel, jeune employé de l’association Wakama Nagi (« esprit animal » en lakota), qui est en charge des visites. Ses animaux, il les connaît bien, et transmet volontiers sa passion et ses connaissances aux visiteurs.

- Une ferme pédagogique

Des animaux, il y en a pour tous les goûts : des plus traditionnels, comme les vaches, les ânes, les chevaux, les chèvres… Aux plus exotiques comme les lamas, dromadaires, moutons à quatre cornes et autre zébu. Il y a aussi les petits : lapins, cochons d’Inde, gerbilles, furets et ceux qui volent : les tourterelles, les faisans…

« L’idée, c’est de restaurer un lien entre l’homme et l’animal, explique Patrick Chêne, président de l’association Wakama Nagi. Les animaux ont beaucoup à nous dire, il faut savoir les écouter. »

Lydie et sa petite famille sont venues passer la fin d’après-midi à la ferme. Pour eux, c’est l’activité idéale pour les petits comme pour les plus grands. « On a entendu parler de cette ferme par hasard, reconnaît la jeune femme. On a vite été intrigué. C’est vrai qu’on ne voit pas beaucoup de dromadaires ou de zébus dans le coin ! »

Au cours de la balade, les animaux, qui ne sont pour la plupart pas farouches, s’approchent volontiers des barrières, n’hésitant pas à réclamer des câlins, à l’image de Mundir, jeune dromadaire affectueux. L’un après l’autre, les visiteurs ramènent chaque animal dans leur box, dans les écuries. « On les ramène tous les soirs, explique Michel. En faisant cela, nous créons un lien avec eux et il est alors très facile de les approcher et de les caresser. » Ce n’est pas Grisouille, l’ânesse des Pyrénées qui dira le contraire, elle qui raffole des bouts de pains secs…

Caroline Muller pour la dépêche du midi Aout 2014

Ercé : Un dromadaire invité surprise a l’Ehpad

Ariège News

L’esprit animal retrouvé à la

ferme de Saint-Ygnan de Montjoie

Sur les hauteurs de Saint-Girons, sur la route qui mène à la commune de Montjoie-en-Couserans, la ferme de Saint-Ygnan se dresse comme une Arche de Noé, dans de somptueux paysages.

Plus qu’un simple parc animalier, un concept qui veut réapprendre à l’homme à vivre en symbiose avec la nature qui l’entoure.

Patrick Chène, osthéopathe bien connu pour ses interventions sur les animaux (mais il soigne aussi les hommes), et par ailleurs à l’origine de la création de la clinique vétérinaire « du Chat Perché », est avec Michel son fils et Emmeline sa compagne à l’origine de ce projet.

« J’ai recueilli au fil des années des animaux abandonnés, blessés, donnés ou achetés ». Progressivement le domaine de la ferme s’est étendu sur près de 10 ha, aménagés d’équipements de type abris, carrière et manège et même de 3 chalets de deux chambres.

« Initialement, j’accueille ici des stages d’ostéopathie ou des personnes qui veulent rester près de leurs animaux lorsque en soin chez moi »

Petit à petit, lui qui prône une nouvelle façon de soigner les animaux, privilégiant le toucher et le sensible plutôt que l’usage abusif de médicaments ou d’opérations chirurgicales lourdes, est venue sur une idée de son fils, le concept de ce parc. « C’est une diversification que nous avons souhaitée tout en restant toujours dans la même approche philosophique »

- Wakama Nagi, ou l’esprit animal dans la langue des indiens Lakota

« Les indiens savaient vivre en harmonie avec la nature qui les entoure, présente Patrick Chène, adepte par ailleurs de l’association Colibri et des thèmes qu’elle défend, comme un cercle où si l’on nuit à l’un des éléments on finit par se nuire à soi. L’homme a perdu cette intelligence, cette perception et est devenu un prédateur quelque peu arrogant au sommet d’une pyramide »

Un constat qui amène les pensées de l’ostéopathe plus loin encore : « ne pas respecter la nature finit par conduire à ne pas respecter l’homme » lance-t-il évoquant ces gens travaillant, entassés dans des usines insalubres pour une bouchée de pain, comme en Chine ou au Bangladesh qui a défrayé récemment la chronique.

Ici, au milieu des dromadaires, lamas, zébus nains, ou moins exotiques vaches, chèvres, moutons, chevaux, canards et autres lapins, Patrick Chène souhaite partager le projet « de retrouver l’équilibre avec la nature. Les animaux ont quelque chose à nous montrer et à nous apprendre. Ce n’est pas forcément pour la nature qu’il faut retrouver cet esprit, cette intelligence, c’est d’abord finalement pour nous les hommes »

Pour profiter de ce bonheur simple au contact de la nature, il convient d’être membre de l’association qui porte le projet et de s’impliquer à son échelle selon ses envies dans son fonctionnement.

De la simple visite, à la visite commentée ou à une participation active à l’entretien et aux soins des animaux chacun est invité ici à se ressourcer et réapprendre à écouter la nature et les animaux.

Dans cet esprit, de simples séances ou des stages plus élaborés vont être dispensés par Emmeline pour aider chacun à mieux communiquer avec la nature, retrouver des sensations, une perception différente et modifier le rapport de chacun avec elle, incidemment avec autrui.

A sa manière, Patrick Chène, qui collabore actuellement à la définition d’une charte des pratiquants de l’ostéopathie sur les animaux, veut apporter sa petite contribution, comme ce colibri, au travers de cette ferme et des enseignements qui y sont prodigués « pour respecter toutes les formes de vie, dans ce cercle du vivant et ainsi participer à la préservation de ce vaisseau spatial terre que nous partageons… tous »

Sylvain Sastre